Sortez de vos tombes !

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Prédication

Dimanche 29 mars – Plaisance culte en audio-visioconférence – Ezéchiel 37,11b-14 ; Jean 11,17-27

Pasteure Marie-Pierre Cournot

Le passage du livre d’Ézéchiel est la fin d’un long passage où Dieu redonne vie à des ossements desséchés en les retapissant avec, successivement, des tendons, des nerfs, des muscles et de la peau, puis en y insufflant son souffle pour que cette matière devienne vivante.

On n’a pas inventé grand-chose avec nos films d’horreur ou de science-fiction !

En réalité, ce récit décrit la renaissance du peuple juif détruit.

Il ne s’agit pas de la résurrection d’un individu mais de celle de tout un peuple en tant que peuple.

Ézéchiel écrit ces mots après la chute de Jérusalem, la destruction du Temple et la déportation d’une partie de la population par les Babyloniens, en 587 avant Jésus-Christ.

C’est tout un peuple, qui se sent désespéré,  qui a perdu ses repères, qui ne peut plus se déplacer, rentrer chez lui, qui n’a d’ailleurs plus de chez lui.

Sa vie sociale est détruite.

Il ne peut même pas aller au Temple rendre gloire à Dieu ! Rendez-vous compte …

C’est un peuple où chacun est comme enfermé dans une tombe, chacun est mort d’être totalement isolé, de n’être plus qu’avec lui-même, à supposer que la relation à soi-même soit encore possible en l’absence de toute référence extérieure, ce que je ne crois pas.

C’est le texte du jour, et pourtant cela nous parle particulièrement.

Heureusement nous ne sommes pas enfermés dans des tombes, seulement chez nous, mais cet enfermement peut prendre des allures de tombe pour certains.

Écoutons la promesse que Dieu nous adresse par la bouche du prophète Ézéchiel : « J’ouvrirai vos tombes, […] je mettrai mon souffle en vous, et vous reprendrez vie ! ».

Dieu nous dit la sortie de nos réclusions, les recommencements possibles.

Dans l’Évangile de Jean, Jésus est confronté à la mort de Lazare, le frère de Marthe et Marie.

Cette Marie-là n’est pas la mère de Jésus, mais une autre Marie, Marie est un prénom très fréquent à l’époque.

Marthe reproche à Jésus de n’avoir pas été là plus tôt pour sauver son frère.

On remarquera la liberté de parole de cette femme qui n’hésite pas à faire des reproches à un homme, et un homme qu’elle connait à peine par-dessus le marché.

C’est tout à fait improbable à cette époque et dans ce milieu.

Cela nous montre que l’on n’est pas dans un récit historique mais dans une sorte de parabole, qui a quelque chose de très fort à nous dire.

Il ne faut pas s’attacher au déroulement exact des faits, pas les prendre au pied de la lettre.

Mais travailler à y découvrir le sens que l’évangéliste Jean veut nous faire passer.

Marthe, qui est donc fâchée contre Jésus qui n’est pas venu assez vite pour sauver son frère, se console en pensant que son frère ressuscitera au dernier jour.

À l’époque on pensait, et peut-être certains le pensent encore de nos jours, qu’il y aurait à la fin des temps, à la fin du monde, à la fin de l’humanité, une espèce de grand jugement à l’issu duquel les morts qui en sortiraient blanchis ressusciteraient.

Et Jésus lui dit, non, non, Marthe, il n’y a pas à attendre la fin du monde pour que ton frère ressuscite avec tous les autres, c’est maintenant car :

« C’est moi qui suis la résurrection et la vie. Celui qui met sa foi en moi, même s’il meurt, vivra ; et quiconque vit et met sa foi en moi ne mourra jamais. ».

Jésus dit que quiconque vit et met sa foi en lui ne mourra jamais, mais Lazare mourra vraiment à la fin de sa vie terrestre quand il sera vieux, comme nous tous !

C’est d’une autre vie et d’une autre mort dont il est question ici.

Il ne s’agit pas d’une résurrection qui a lieu dans un avenir indéfini appelé fins des temps, et pas non plus au moment de notre mort physique, celle qui marquera la fin de notre vie terrestre.

Jésus parle ici d’une résurrection pendant la vie terrestre, je dirai même malgré la vie terrestre.

S’il ne s’agissait que de ce qui va se passer une fois que l’on sera mort, et bien, cela aurait un intérêt tout relatif.

Ce qui est intéressant, c’est ce qui se passe maintenant, quand on est vivant, quand on est dans la vraie vie, confrontés aux aléas de notre histoire, et à nos contemporains.

Frères et sœurs c’est pour maintenant ! C’est maintenant que tout se joue pour nous.

Cette résurrection, c’est la rencontre avec Dieu.

Dieu est venu il y a 20 siècles sous les traits de Jésus, mais il est encore là dans le monde, parmi les êtres humains pour vous rencontrer ici et maintenant, là où vous êtes.

Peut-être pendant ce culte.

Le nom « Lazare »,  est une espèce d’abréviation du nom Eléazar qui veut dire « Dieu aide ».

« Mettre sa foi en moi », comme dit Jésus, ce n’est rien d’autre que croire que Dieu nous aide.

C’est croire à cette force extraordinaire, mue par un amour éternel et inconditionnel, celui de Dieu pour nous, qui nous donne le pouvoir de sortir de nos tombeaux, de nos internements, de nos isolements.

Qui nous relève, qui nous fait tenir debout et avancer.

Une vraie résurrection.

Cette force nous installe dans un autre déroulement du temps où le repère du temps n’est pas la suite des jours marqués sur le calendrier, mais la profondeur de notre vie en lien les uns avec les autres.

Car cette résurrection nous reconstitue en tant qu’individu mais surtout en tant que peuple de Dieu.

Sortir de son tombeau, lieu de solitude absolue, c’est se mettre, se remettre dans une vie de relations éclairée par celle que Dieu entretient avec nous.

Cette résurrection nous est offerte, à chacun d’entre nous. Saisissons-là !

Amen

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